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Ewa Podleś - La mort de Cléopâtre

Hector Berlioz at age 28, around the time of his Symphonie FantastiqueÔ mains, this is good. A rarely heard early work, La mort de Cléopâtre is one of four cantatas Hector Berlioz wrote for entry to the Prix de Rome, an academic competition for composers, initiated by Napoleon in 1802. Despite what Edgar Varèse calls the "violent beauty" of the cantata, neither the jury nor Berlioz were too excited about it. (Source hereafter, "Berlioz : la Mort de Cléopâtre," by Christian Wasselin; translation my own):

… de même, il n'eut jamais l'idée de les publier. Sans doute estimait-il qu'il s'agissait là d'exercices contraints, de galops d'essais qui, n'engageant pas sa foi de compositeur et ne comptant pas pour des œuvres à proprement parler, ne méritaient pas de sanction impitoyable ou définitive. Berlioz semble n’avoir jamais ressenti ni amour ni haine pour ces cantates.

… likewise, he never thought of publishing them [the cantatas]. Undoubtedly, he figured he was acting out some constrained exercises—test runs that, not engaging the fire of the composer and not really counting to the works to speak of in proper, did not merit merciless or definitive sanction. Berlioz seems to have felt neither love nor hate for these cantatas.

Of course, with competitions like this, there is always the issue of old farts who have trouble seeing or hearing past their own style. His first year (1827), Berlioz passes the initial trial with his cantata La mort d'Orphée, but the pianist who is to present the piano reduction in the next round declares the score unplayable. The next year, Berlioz runs up against a standing tradition when he receives the second prize for Herminie. It was customary for a composer to receive a second prize and then be awarded the grand prize when he returned the next year. About this he remarked:

«Puisque ces messieurs sont décidés d’avance à me donner le premier prix, je ne vois pas pourquoi je m’astreindrais, comme l’année dernière, à écrire dans leur style et dans leur sens, au lieu de me laisser aller à mon sentiment propre et au style qui m’est naturel. Soyons sérieusement artiste et faisons une cantate distinguée.»

"Since the gentlemen have decided ahead of time to give me the first prize, I don't see why I would be compelled, as in year before, to write in their style and with their sensibility, instead of letting myself go with my own feeling and the style that is natural to me. Let's be serious artists and make a distiguished cantata."

It seems he did just that, and in 1829, La morte de Cléopâtre was so upsetting to everyone that the jury awarded no prize for that year. He finally took first prize in 1830 after presenting his intentionally conventional Sardanapale, about which he said:

«Je ne négligerai rien pour leur faire de la musique académique, quel que soit le sujet donné. Ce n’est pas une mauvaise partition qui peut m’effrayer à présent ; pour avoir de l’argent, je ne sais ce que je ne ferais pas.»

"I'll not neglect anything in giving them some academic musique, no matter what subject is given. There's no bad score that frightens me at this point; in order to have money, I don't know what I wouldn't do."

La morte de Cléopâtre has been recorded a few times, most notably by Dame Janet Baker, Jessye Norman, and (recently) Véronique Gens. This mp3 (20 mins., 21 MB) is from the telecast of a recital (2003, I think?) in Montréal and is performed by the acclaimed contralto Ewa Podleś, who, btw, will knock your dick in the dirt.

MP3 Ewa Podleś - La mort de Cléopâtre, H. 36, with Charles Dutoit and the Orchestre Symphonique de Montréal.

I wish you could see her perform. The "drama" (which normally bores me when people think singers are "dramatic" nowadays) is in perfect union with the outstanding voice. Well, I mean…

Ewa Podleś singing Berlioz's 'La mort de Cléopâtre' in Montréal
Ewa Podleś singing Berlioz's 'La mort de Cléopâtre' in Montréal
Ewa Podleś singing Berlioz's 'La mort de Cléopâtre' in Montréal

… you get the idea. Oh, and here's the text. I'm not translating it for you, crackers. My wrist hurts. DRAG, COPY, PASTE, AWAAAAY!

La mort de Cléopâtre, scène lyrique

C'en est donc fait! ma honte est assurée.
Veuve d'Antoine et veuve de César,
Au pouvoir d'Octave livrée,
Je n'ai pu captiver son farouche regard.

J'étais vaincue, et suis déshonorée.

En vain, pour ranimer l'éclat de mes attraits,
J'ai profané le deuil d'un funeste veuvage;
En vain, en vain, de l'art épuisant les secrets,
J'ai caché sous des fleurs les fers de l'esclavage;
Rien n'a pu du vainqueur désarmer les décrets.
A ses pieds j'ai traîné mes grandeurs opprimées.
Mes pleurs même ont coulé sur ses mains répandus,

Et la fille des Ptolémées
A subi l'affront des refus!
Ah! qu'ils sont loin ces jours, tourment de ma mémoire,
Où sur le sein des mers, comparable à Vénus,
D'Antoine et de César réfléchissant la gloire,
J'apparus triomphante aux rives du Cydnus!

Actium m'a livrée au vainqueur qui me brave;
Mon sceptre, mes trésors ont passé dans ses mains;
Ma beauté me restait, et les mépris d'Octave

Pour me vaincre ont fait plus que le fer des Romains.
Ah! qu'ils sont loin ces jours, etc.

Mes pleurs même ont coulé sur ses mains répandus,
J’ai subi l’affront des refus.
Moi !… qui du sein des mers, comparable à Vénus,
M'élançai triomphante aux rives du Cydnus!

Au comble des revers, qu'aurais-je encore à craindre?
Reine coupable, que dis-tu?
Du destin qui m'accable est-ce à moi de me plaindre?
Ai-je pour l’accuser les droits de la vertu?

J'ai d'un époux déshonoré la vie.

C'est par moi qu'aux Romains l'Égypte est asservie,
Et que d'lsis l'ancien culte est détruit.
Quel asile chercher? Sans parents! sans patrie!
Il n'en est plus pour moi que l'éternelle nuit!

Méditation
[How if when I am laid into the tomb … (Shakespeare)]

Grands Pharaons, nobles Lagides,
Verrez-vous entrer sans courroux,
Pour dormir dans vos pyramides,
Une reine indigne de vous?

Non!.. non, de vos demeures funèbres
Je profanerais la splendeur!
Rois, encor au sein des ténèbres,
Vous me fuiriez avec horreur.
Du destin qui m'accable est-ce à moi de me plaindre?
Ai-je pour l'accuser le droit de la vertu?
Par moi nos dieux ont fui d'Alexandrie,
Et d'lsis le culte est détruit.
Grands Pharaons, nobles Lagides,

Vous me fuiriez avec horreur!
Du destin qui m'accable est-ce à moi de me plaindre?
Ai-je pour l'accuser le droit de la vertu?
Grands Pharaons, nobles Lagides,
Verrez-vous entrer sans courroux,
Pour dormir dans vos pyramides,
Une reine indigne de vous?
Non, j'ai d'un époux déshonoré la vie.
Sa cendre est sous mes yeux, son ombre me poursuit.

C'est par moi qu'aux Romains l'Égypte est asservie.
Par moi nos dieux ont fui les murs d'Alexandrie,
Et d'Isis le culte est détruit.
Osiris proscrit ma couronne.
A Typhon je livre mes jours!
Contre l'horreur qui m'environne
Un vil reptile est mon recours.
Dieux du Nil… vous m'avez… trahie!
Octave… m'attend… a son char.

Cléopâtre en… quittant… la vie,
Redevient digne de… César !

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